Ballonnements, douleurs abdominales, transit qui alterne entre constipation et diarrhée, nausées. Ces symptômes appartiennent au syndrome de l'intestin irritable, mais ils appartiennent aussi à l'endométriose. Et comme l'endométriose touche environ une femme sur dix en âge de procréer et reste très souvent non diagnostiquée, la confusion est fréquente et coûte des années.
Pourquoi les deux se confondent
L'endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire chronique. Mais ses symptômes ne se limitent pas à la sphère gynécologique, loin de là. Voici ce que les deux situations ont en commun :
| Symptôme | Intestin irritable | Endométriose |
|---|---|---|
| Ballonnements, inconfort abdominal | Oui | Oui |
| Douleurs abdominales | Oui | Oui |
| Constipation ou diarrhée | Oui | Oui |
| Douleurs à la défécation | Oui | Oui |
| Nausées | Possible | Oui |
| Hypersensibilité viscérale | Oui | Oui |
| Fatigue et retentissement sur la qualité de vie | Oui | Oui |
Le recouvrement est tel qu'un diagnostic de syndrome de l'intestin irritable peut être posé alors que la cause réelle est ailleurs. À l'inverse, les deux peuvent parfaitement coexister chez la même personne. La question de savoir s'il s'agit d'une vraie comorbidité ou d'une erreur de diagnostic n'est pas tranchée dans la littérature.
Un chiffre donne la mesure du problème : jusqu'à 70 % des douleurs pelviennes chroniques correspondent en réalité à une endométriose.
Les signes qui doivent faire chercher une endométriose
Avant de conclure à un syndrome de l'intestin irritable chez une femme, ces éléments doivent être recherchés :
- Des douleurs pendant les rapports sexuels, en particulier profondes
- Des règles abondantes
- Des douleurs pelviennes ou dorsales
- Une aggravation nette des symptômes intestinaux pendant les règles
- Des antécédents familiaux d'endométriose
- Des difficultés à concevoir
Un seul de ces signes suffit pour justifier un avis gynécologique avant d'entamer quoi que ce soit sur le plan alimentaire.
C'est la raison pour laquelle je pose systématiquement ces questions en bilan. Ce n'est pas mon rôle de diagnostiquer une endométriose, et le diagnostic de référence reste la cœlioscopie. Mais c'est mon rôle de ne pas passer à côté, et de réorienter quand il faut.
Si l'endométriose est confirmée, l'alimentation a-t-elle une place ?
Oui, mais il faut être précis sur ce qu'elle fait et ce qu'elle ne fait pas.
Le régime pauvre en FODMAP n'agit pas sur l'endométriose elle-même. Il ne réduit pas les lésions, il ne remplace aucun traitement médical ou chirurgical. La prise en charge de l'endométriose relève de votre gynécologue.
En revanche, il agit sur les symptômes digestifs associés, en réduisant la distension intestinale et en atténuant les douleurs liées à l'hypersensibilité viscérale. Dans les référentiels, il apparaît comme un traitement adjuvant pertinent à ce titre.
Et il y a un résultat qui mérite d'être connu : une étude rétrospective menée par Monash University a observé que les patientes présentant à la fois un syndrome de l'intestin irritable et une endométriose répondaient plus favorablement au régime pauvre en FODMAP que celles ayant un SII seul. C'est une raison sérieuse de ne pas écarter cette piste quand les symptômes digestifs pèsent sur le quotidien.
Comment procéder concrètement
- D'abord le diagnostic. Si des signes d'alerte sont présents et que personne ne les a explorés, c'est la première étape, avant tout changement alimentaire.
- Ensuite un essai encadré. Une phase d'éviction de deux à six semaines suffit à savoir si les symptômes digestifs répondent. Ce n'est pas un régime à vie, et rester en phase d'éviction est une erreur fréquente (voir combien de temps dure le régime FODMAP).
- Puis la réintroduction. C'est elle qui identifie les familles réellement mal tolérées et permet de retrouver une alimentation large.
Accalmie guide l'essai FODMAP au jour le jour
La phase d'éviction sur une durée bornée, puis la réintroduction méthodique pour identifier vos propres seuils. Pensé pour l'alimentation française.
Découvrir AccalmieUn bilan pour distinguer ce qui vient de quoi
Un bilan en visio pour faire le tri entre symptômes digestifs et symptômes gynécologiques, et savoir si un essai alimentaire est pertinent pour vous. Remboursable par votre mutuelle.
Réserver un bilanPour aller plus loin
- Critères Rome V du SII : ce que veut dire votre diagnostic
- Ballonnements permanents : causes et que faire
- Test d'intolérance alimentaire : est-ce fiable ?
- Régime FODMAP : comment faire ? Le guide des 3 phases