Une crise d'intestin irritable, ou crise de colopathie, peut tomber à n'importe quel moment : douleurs qui serrent, ventre qui gonfle, besoin pressant d'aller aux toilettes, ou au contraire tout qui se bloque. Elle n'est pas dangereuse, mais elle épuise. Voici ce qui soulage pendant la crise, ce qu'on peut manger, et comment espacer les suivantes.
- Une crise dure en général de quelques heures à quelques jours.
- Pour soulager vite : chaleur sur le ventre, respiration abdominale lente, position allongée sur le côté, et un antispasmodique si votre médecin vous en a prescrit un.
- Pendant la crise : petits repas simples, bien cuits, peu gras, et de l'eau plate. On évite café, alcool, boissons gazeuses, chewing-gums et plats lourds.
- Après la crise, on repère ce qui l'a précédée : c'est ce qui permet d'en avoir moins.
À quoi ressemble une crise ?
Elle ne se présente pas pareil chez tout le monde. Les signes les plus fréquents :
- des douleurs ou des crampes dans le ventre, souvent en bas, qui vont et viennent, et qui sont souvent soulagées après être allé à la selle ;
- un ventre gonflé et tendu, qui grossit au fil de la journée ;
- des gaz et des gargouillis ;
- une diarrhée avec des urgences, ou au contraire une constipation avec une sensation d'évacuation incomplète ;
- parfois de la fatigue, des nausées ou un mal de dos associés.
Si ce tableau ne vous ressemble pas, ou s'il change brutalement, parlez-en à votre médecin : voir les symptômes du SII, un par un.
Combien de temps dure une crise ?
Le plus souvent, de quelques heures à deux ou trois jours. Certaines personnes vivent plutôt des périodes difficiles de plusieurs semaines, entrecoupées de périodes calmes. Il n'y a pas de durée « normale » : ce qui compte, c'est votre propre rythme. Une crise qui dure nettement plus longtemps que d'habitude, ou qui s'accompagne de signes inhabituels, mérite un avis médical.
Pendant la crise : ce qui soulage
- De la chaleur sur le ventre. Une bouillotte ou une compresse chaude détend les muscles de l'intestin et apaise les crampes. Attention à ne pas vous brûler.
- Respirer avec le ventre. Inspirez lentement par le nez en gonflant le ventre, expirez plus longuement par la bouche. Cinq minutes suffisent souvent à faire baisser l'intensité des spasmes. C'est la technique de gestion du stress la mieux étudiée dans le SII.
- Changer de position. Allongé sur le côté gauche, genoux repliés, ou à quatre pattes : ces positions aident souvent les gaz à circuler.
- Marcher doucement. Si la douleur le permet, quelques minutes de marche relancent le transit et évacuent les gaz.
- Un antispasmodique, si votre médecin vous en a prescrit un ou si votre pharmacien vous le conseille, pour un usage ponctuel. Voir ce qu'on trouve en pharmacie sans ordonnance.
Que manger pendant une crise ?
Le but n'est pas de jeûner, mais de mettre l'intestin au calme. Quelques repères :
- Des petites quantités, plus souvent si besoin, plutôt que de gros repas.
- Des aliments simples et bien cuits : riz blanc, pommes de terre, pâtes, carottes ou courgettes cuites, œufs, poisson, blanc de poulet, tofu ferme.
- Peu de matières grasses : le gras stimule les contractions du côlon et peut accentuer douleurs et diarrhée.
- De l'eau plate, en petites gorgées régulières, surtout en cas de diarrhée. Un bouillon maison sans oignon ni ail est aussi bien toléré.
Ce qu'on met de côté le temps de la crise : le café, l'alcool, les boissons gazeuses, les chewing-gums et bonbons sans sucre (leurs polyols fermentent), les plats en sauce ou frits, les crudités en grande quantité, et les aliments très riches en FODMAP comme l'ail, l'oignon, les légumineuses ou le pain de blé en quantité. Voir la liste des aliments riches et pauvres en FODMAP.
En cas de diarrhée, le riz, les carottes cuites et la banane bien jaune sont bien tolérés. En cas de constipation, buvez davantage et privilégiez les fibres douces, comme le psyllium ou deux kiwis par jour.
Après la crise : comprendre pour en avoir moins
Une crise a rarement une seule cause. Elle arrive souvent quand plusieurs facteurs s'additionnent : un repas plus riche en FODMAP, une semaine stressante, un sommeil court, un changement de rythme, les règles. Notez pendant quelques semaines ce que vous mangez, votre niveau de stress et vos symptômes : des liens apparaissent souvent, mais avec un délai de quelques heures à une journée qui les rend difficiles à voir sans carnet.
Si les crises reviennent souvent malgré tout, le régime pauvre en FODMAP permet d'identifier précisément vos déclencheurs alimentaires, et le travail sur le lien entre stress et intestin réduit la fréquence des crises chez beaucoup de patients.
Quand consulter sans attendre
Du sang dans les selles, une perte de poids non voulue, des symptômes qui vous réveillent la nuit, de la fièvre, une anémie, des antécédents familiaux de cancer colorectal ou de maladie inflammatoire de l'intestin, ou des troubles apparus après 50 ans : ces signes ne relèvent pas de l'intestin irritable tant qu'un médecin ne les a pas vérifiés.
Une douleur intense et inhabituelle, qui ne cède pas, avec fièvre, vomissements ou ventre dur, n'est pas une crise de colopathie : appelez le 15.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une crise de colopathie ?
Le plus souvent de quelques heures à deux ou trois jours. Certaines personnes ont plutôt des périodes difficiles de quelques semaines. Une crise inhabituellement longue, ou accompagnée de fièvre, de sang dans les selles ou d'une perte de poids, doit faire consulter.
Comment calmer rapidement une crise d'intestin irritable ?
La chaleur sur le ventre, la respiration abdominale lente, une position allongée sur le côté et quelques minutes de marche soulagent souvent. Un antispasmodique peut aider ponctuellement, sur conseil de votre médecin ou de votre pharmacien.
Que manger pendant une crise de côlon irritable ?
Des petites portions d'aliments simples et bien cuits : riz, pommes de terre, pâtes, carottes cuites, œufs, poisson, poulet. Peu de gras, de l'eau plate, et on évite le café, l'alcool, les boissons gazeuses, les chewing-gums sans sucre et les aliments très riches en FODMAP comme l'ail et l'oignon.
Le stress peut-il déclencher une crise ?
Oui. Le stress modifie la sensibilité et les contractions de l'intestin, et beaucoup de patients voient leurs crises arriver lors des périodes tendues. C'est rarement le seul facteur : il s'ajoute souvent à l'alimentation, au sommeil ou au cycle menstruel.
Faut-il jeûner pendant une crise ?
Non. Sauter des repas peut accentuer les douleurs et désorganiser le transit. Mieux vaut manger de petites quantités d'aliments simples et bien tolérés, et boire régulièrement.
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- Vasant DH et al. British Society of Gastroenterology guidelines on the management of irritable bowel syndrome. Gut, 2021.
- Lacy BE et al. ACG Clinical Guideline: Management of Irritable Bowel Syndrome. Am J Gastroenterol, 2021.
- National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Irritable bowel syndrome in adults: diagnosis and management. Clinical guideline CG61, mise à jour 2017.