On lit partout que la douleur de l'intestin irritable se calme quand on va à la selle. Chez vous, c'est l'inverse : vous sortez des toilettes et les crampes arrivent, ou reprennent de plus belle. Ce n'est ni rare ni incohérent. Plusieurs mécanismes l'expliquent, et la plupart se travaillent.
Soulagée ou aggravée : les deux comptent
Les critères de Rome V, qui définissent le syndrome de l'intestin irritable, parlent d'une douleur ou d'un inconfort en lien avec la défécation, c'est-à-dire soulagé ou aggravé par les selles. Une douleur qui apparaît après la selle entre donc dans le tableau, au même titre que celle qui s'apaise. Le détail des critères est dans critères de Rome V et sous-types du SII, et le cas inverse dans douleur au ventre soulagée après la selle.
Pourquoi ça fait mal après
Le côlon continue de se contracter
Pour évacuer, le côlon se contracte. Ces contractions ne s'arrêtent pas net une fois aux toilettes : elles peuvent se prolonger en crampes pendant plusieurs minutes, parfois plus. C'est particulièrement vrai après des selles urgentes ou liquides, quand le côlon a travaillé fort et vite.
Un intestin qui amplifie les sensations
Dans le SII, l'intestin est hypersensible : les nerfs digestifs amplifient des sensations qui passeraient inaperçues ailleurs. Le passage des selles, l'étirement du rectum, les contractions qui suivent sont perçus comme douloureux. Ce n'est pas imaginaire : c'est un réglage du système nerveux digestif, et c'est l'un des mécanismes centraux du syndrome.
L'effort de poussée
Avec des selles dures, on pousse. Cet effort sollicite fortement les muscles du ventre et du bassin, qui peuvent rester douloureux ensuite. Pousser fort irrite aussi la région anale : une douleur vive ou une brûlure à l'anus pendant et après la selle, parfois avec un peu de sang rouge, évoque plutôt une fissure ou des hémorroïdes, et mérite d'être montrée à un médecin.
L'impression de ne pas avoir fini
Beaucoup de personnes décrivent une gêne qui persiste parce que le rectum ne s'est pas vidé complètement. Si cette sensation est constante, elle peut venir d'un défaut de coordination des muscles du bassin pendant l'évacuation. C'est un trouble qui s'explore chez le gastro-entérologue et qui se rééduque.
Les gaz qui se déplacent
L'évacuation remet le contenu du côlon en mouvement, gaz compris. Leur déplacement dans un intestin sensible provoque des crampes, surtout quand l'alimentation fermente beaucoup.
Ce qui aide
- Ne pas forcer : prenez votre temps, respirez, et surélevez les pieds sur un petit tabouret, une position qui facilite l'évacuation sans pousser.
- Travailler la consistance des selles : des selles ni dures ni liquides limitent à la fois l'effort et les contractions violentes. Les fibres solubles et l'eau sont la base, voir intestin irritable et constipation et le psyllium, dose et mode d'emploi.
- De la chaleur : une bouillotte sur le ventre détend et apaise les crampes.
- Réduire la fermentation : le protocole FODMAP diminue les gaz et la distension, et atténue souvent les douleurs liées à l'hypersensibilité. Voir le régime FODMAP en 3 phases.
- Agir sur l'axe intestin-cerveau : le stress amplifie la sensibilité digestive. L'hypnose centrée sur l'intestin et les thérapies cognitives et comportementales ont fait leurs preuves dans le SII, voir stress et intestin irritable.
- En parler à votre médecin ou pharmacien : si les crampes sont fréquentes, un antispasmodique peut être proposé. L'huile de menthe poivrée fait partie des options étudiées dans le SII.
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Le programme Accalmie structure les trois phases du protocole FODMAP pour réduire gaz et distension, puis retrouver une alimentation la plus large possible.
Découvrir AccalmieQuand consulter sans attendre
Une douleur après la selle est le plus souvent fonctionnelle, mais certains signes imposent un avis médical rapide :
- Une douleur qui ne se calme pas dans les heures qui suivent, ou qui s'aggrave
- Une douleur vive à l'anus qui revient à chaque selle
- Du sang dans les selles, ou des selles noires
- Une perte de poids que vous n'avez pas cherchée
- Des symptômes qui vous réveillent la nuit
- De la fièvre, ou une anémie retrouvée sur une prise de sang
- Des antécédents familiaux de cancer colorectal ou de maladie inflammatoire de l'intestin
- Un changement récent et durable de votre transit, en particulier après 50 ans
Le syndrome de l'intestin irritable est un diagnostic posé par un médecin, après avoir écarté ces autres causes.
Pour aller plus loin
- Gaz et flatulences : les aliments qui les déclenchent
- Douleur au ventre soulagée quand on va à la selle
- Intestin irritable et constipation : que manger ?
- Psyllium et intestin irritable : dose et mode d'emploi
- Diarrhée et urgences : comprendre le SII-D
- Critères de Rome V et sous-types du SII
- Stress et intestin irritable : l'axe intestin-cerveau
- Tous les symptômes du SII, un par un
- Colopathie fonctionnelle : quelle alimentation, quel régime ?
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